Un numéro de téléphone. C'est le seul champ obligatoire pour qu'une carte de fidélité fonctionne, et tout ce qu'on ajoute à ce formulaire coûte des inscriptions sans rien rapporter la plupart du temps.
Le prénom, l'adresse e-mail et l'anniversaire sont facultatifs chez Kanz. L'anniversaire se limite au jour et au mois : l'année de naissance n'est jamais demandée et n'est jamais stockée. Elle ne sert à rien pour souhaiter un anniversaire, et c'est une des données les plus sensibles qu'un formulaire puisse ramasser sans que personne ne se pose la question.
La règle : chaque champ doit payer son loyer
Un champ dans un formulaire d'inscription au comptoir a un coût immédiat, mesurable en inscriptions perdues, et un coût différé, qui est celui de le conserver, de le protéger et d'avoir à en répondre.
Pose donc la question dans ce sens : qu'est-ce que je fais concrètement de cette donnée demain matin ?
Le numéro de téléphone sert à identifier la personne et à pouvoir la joindre : il paie son loyer. Le prénom sert à écrire un message qui ne commence pas par « Bonjour » tout court : il le paie aussi, tout juste. La date de naissance complète, l'adresse postale, la profession, le sexe, le nombre d'enfants : rien de tout ça ne se transforme en action dans un commerce de proximité. Ce sont des champs qu'on collecte parce qu'un formulaire les propose.
Ce qu'une carte de portefeuille ne peut pas faire
Il y a une différence de nature entre une carte de fidélité dans le portefeuille du téléphone et une application de fidélité installée.
Une application peut demander la position, les contacts, les photos, l'appareil photo, et peut le redemander après une mise à jour. Un laissez-passer de portefeuille ne le peut pas. Ce n'est pas une application : c'est un objet de données au format standard des deux systèmes, sans code à exécuter. Il n'y a rien à autoriser parce qu'il n'y a rien qui tourne.
C'est pour ça que la phrase « nous ne suivons pas vos clients » vaut quelque chose ici et pas ailleurs : ce n'est pas un engagement révocable, c'est une propriété du format.
Le consentement est une ligne, pas une case
Quand quelqu'un s'inscrit, Kanz écrit une ligne de consentement : quoi, quand, par quel canal, et sous quelle version du texte légal en vigueur ce jour-là.
Cette dernière partie est celle qu'on oublie et c'est la seule qui compte le jour où on pose la question. « Le client a accepté » est une affirmation invérifiable deux ans plus tard si les conditions ont changé entre temps. « Le client a accepté la version 3, le 14 mars, depuis la page d'inscription » est une affirmation qui tient.
Se désinscrire tient en un seul geste
Le lien de désinscription est au dos de la carte et dans chaque message envoyé. Il est signé, il n'expire pas, et il fait le travail immédiatement : pas de page de confirmation, pas de « êtes vous sûr », pas de questionnaire de départ, pas de compte à retrouver.
Le fait qu'il n'expire jamais est délibéré. Une carte ajoutée aujourd'hui doit encore pouvoir se désinscrire dans deux ans, y compris si la personne a changé de téléphone entre temps et n'a plus aucun moyen de retrouver quoi que ce soit.
Et le lien ne sert qu'à une chose : sa raison d'être fait partie de ce qui est signé, donc un lien de désinscription ne peut pas être rejoué comme un lien de téléchargement de carte, ni l'inverse. Il reste utilisable autant de fois qu'on veut, et il ne peut jamais faire autre chose que ce pour quoi il a été émis.
Une page qui essaie de rattraper quelqu'un à ce moment-là est exactement la raison pour laquelle les gens finissent par se méfier des programmes de fidélité en général. Le désabonnement a déjà eu lieu avant que la page ne s'affiche.
Le commerçant ne peut pas revenir dessus
C'est la partie qui surprend, et c'est celle dont il faut se souvenir.
Une fois qu'un client s'est désinscrit, aucun réglage du côté du commerce ne le remet dans la liste. Il n'existe aucun chemin dans le produit pour annuler un désabonnement, y compris pour le propriétaire du commerce, y compris pour l'administration.
La seule chose qui peut le ramener, c'est le client lui-même, en se réinscrivant par le même formulaire public que la première fois. Se réinscrire est le même geste que s'inscrire : on ne fait jamais demander deux fois à quelqu'un.
Dans le contrôle qui précède chaque envoi, le désabonnement est vérifié en deuxième position, avant l'horaire, avant les plafonds, avant le budget et avant les crédits. Il n'est pas au fond de la liste avec les cas rares.
Ce que ça change au comptoir
Un formulaire à un champ se remplit debout, avec une file derrière. Un formulaire à six champs se remplit chez soi, c'est-à-dire jamais.
Alors demande le numéro. Demande le prénom si tu comptes t'en servir. Et laisse l'anniversaire à la personne qui a envie de le donner, parce que celle-là attend vraiment quelque chose ce jour-là.
Le déroulé complet de l'inscription est décrit ici, et les règles d'envoi dans un autre article.